09.04.2007

incommunicabilité

C'est toujours dans les gares ou les métros que l'on croise les gens les plus atypiques. Voici un homme à la gare qui marche avec un bouquet de Tulipes fraichement cueillies, dépassant de son sac-à-dos. Parmi les gens pressés et la grissaille des gares, on ne voit que lui, resplendissant d'une lumière dorée.

Là, dans le métro, un jeune homme lit L'identité de Kundera. J'aurais voulu lui parler, lui parler littérature, lui demander s'il avait lu 'linsoutenable légereté de l'être et la valse aux adieux. On nous crit que nous sommes dans une société de communication. Les hommes n'ont pourtant jamais été aussi sourds et aveugles. Si j'avais adressé la parole à cet homme, il m'aurait peut-être regardé bizarrement, m'aurait-il sans doute pris pour une folle, ou m'aurait cru interressée. Pour parler à quelqu'un, il faut le connaitre. Mais comment le connaitre sans lui parler? Ainsi, internet s'utilise à la place, et là, personne ne s'étonne que tout le monde parle pour ne rien dire, et sans vouloir particulièrement parler à telle ou telle personne.

J'aurais voulu parler à ces personnes là, très précisément. J'ai failli. Dans le métro, un type est écroulé sur le siège. Je suis avec cinq amis. Lui, tient sa tête à l'aide de son bras, posé sur le rebord. Il a les joues rouges, les yeux vacants. Son regard vitreux ne nous perçoit pas. Il est absorbé dans le néant. Je le fixe, pas une fois il ne tournera la tête. Soudain, ses yeux s'humidifient un peu plus, et il saisit ses cheveux, les tournant, tirant un peu dessus, comme..comme un signe d'impuissance, desemparé. Mes amis ne l'ont pas vu, et lui, ne les voit pas non plus.

Notre arrêt: je descends; à contre-coeur. J'aurais voulu lui souffler mots. Pas par pitié, pas non plus par curiosité, mais par compassion. Par humanité peut-être. Parce que l'humanité disparait toujours un peu plus.

L'homme est l'être le plus abominable et le plus sublime qui existe.

03.04.2007

pi and cosmos

Rectification. Non je ne vis pas uniquement pour cela.

03/04/07, 01h20 Revenue. Accoudée à mon bureau, dans ma chambre, je saisis ma plume et écris.

Il m'a demandé quel film je voulais voir. Je regarde ses dvd rapidement. L'un m'intrigue: "Pi"... forcément!

 "C'est celui-ci"! je m'exclame pleine d'enthousiasme. L'histoire d'un mathématicien persuadé que les mathématiques sont le langage de la nature, il rencontre la spirale d'or partout, et souhaite découvrir la séquence de chiffres qui serait en quelque sorte LA loi que l'on retrouvait partout, y comprit dans l'analyse des valeurs de la Bourse! Tout pourrait alors se calculer. "Ce type est un pessimiste ! " je m'écris avec colère! 'ce n'est qu'un film'  oui pardon...

Belle soirée.

Retour chez moi. La lune est pleine, le ciel noir, mais éclairé par cette lampe blanche, des nuages parsèment le ciel sans étoile. C'est si beau que je resterais là des heures à contempler, mais il est déjà tard, on va me chercher.

C'est aussi pour voir cela que je vis. Pensées du soir: Pour donner du sens à sa vie, ne jamais se fixer un objectif fini. Il faut se donner un seul objectif, mais infini, et relativement abstrait. Chercher à atteindre un métier ne peut être l'objectif de sa vie, de même, il ne peut non plus s'agir d'une suite d'objectifs: un métier, un mari/une femme, des enfants, ou partir un jour visiter l'Australie. Il faut chercher au-delà, dans la transcendance, oui, c'est cela; le but, le sens de notre vie doit être quelque chose de transcendant, mais nous devons avoir conscience de ce quelque chose, savoir ce qu'il est vraiment: Accéder au savoir, contempler le cosmos. Être sa propre bouée, ne jamais dépendre de quelqu'un. Non par égoïsme, au contraire, si quelqu'un dépend de vous, c'est de l'auto-destruction réciproque.

'Moon is beautiful'

Neil Armstrong était un Homme heureux

l'âme et le corps

Le mental peut-il vaincre le physique et le physique peut-il empêcher certaines pensées? L'homme a dû se détacher de ses besoins vitaux pour pouvoir penser. Lorsque l'homme a sû satisfaire les besoins de la nature: boire, manger, se protéger du danger, sa pensée s'est développée; car il n'avait dès lors plus besoin de penser a se nourrir ou a se protéger, tout ceci était acquis, il a donc penser au-delà. Et réciproquement. J'ai enfin compris le problème de l'automutilation, mais par hasard bien sûr! Indirectement. L'eussais-je compris plutôt, j'aurais pu, sans doute, être utile, il ya un an de cela. Découverte triomphante, bénie soient mes chaussures: talon ouvert de quatre centimètres de long sur un centimètre de large: le mal physique empêche le mal moral; ( avant je n'arrivais pas à le saisir..) d'abord, parce que la douleur chasse la peine et l'affliction, puis par l'élaboration d'un stratagème, non pour se soigner, mais pour ne pas qu'on n'y prête attention, cacher ses bras sous un pull, trouver des mouchoirs pour ne pas que le sang ne tâche le pull, veiller a ne être touchée à l'endroit douloureux, mettre un pantalon long très long etc. ça occupe l'esprit. Utiliser le corps pour oublier les pensées, utiliser ses pensées pour oublier le corps. Tu peux courir longtemps sans t'arréter si ton esprit le veut vraiment.

L'un veut oublier l'autre. Peut-on alors séparer l'âme et le corps? Non, car si l'un veut oublier l'autre, c'est que l'autre est pris comme référent. On ne ne peut oublier, sans avoir quelque chose à oublier. Par conséquent l'âme ne peut exister sans le corps, et vice-versa.

Et de tout façon, un corps sans âme n'existe pas, c'est un objet. Et l'âme sans le corps, ne peut exister puisqu'elle a besoin d'un corps pour la contenir. Au diable les discours religieux et autres frasques! Le corps n'est pas la prison de l'âme, et la mort ne permet aucunement la libération de celle-ci. Le corps est le moyen d'expression de l'âme, disons de l'esprit: ne serait-ce que par le cerveau, organe corporel dans lequel il est niché, par la main, pour écrire, ou par la parole etc.  Je n'ai jamais compris comment douter, puisque nous étions tous morts avant de vivre,plongés dans le néant, des milliards d'années durant.

Mais après avoir vécu quelques années à la bonne époque (dans le sens où il n'est possible de connaitre le passé, de savoir comment était le monde, presque à sa naissance jusqu'à aujourd'hui, que depuis peu:  grâce a la science, a l'archéologie, a la physique, à la biologie, à l'histoire etc. ) on voudrait savoir pour les milliions d'années suivantes. Mais: ignorance.

- Pourquoi vis-tu?

- Pour connaitre, pour essayer d'en savoir le plus possible. Mais aucun savoir ne doit être acquis, il faut sans cesse le remettre en question pour qu'il se rapporoche de la vérité, pour que toutes les éventualités aient été proposées. "Je sais que je ne sais rien" disait Socrate. Combien il avait raison !

L'ignorance conduit la condition humaine à la misère.

La mort n'est que néant, et il faut toujours chercher à accéder au savoir. Le néant n'est pas à craindre, il faut combattre l'ignorance, la philosophie bouddhiste a raison sur ces deux points.

13.01.2007

Société de fourmis

il est 19h. il ya affluence dehors. Par la fenêtre, je peux voir des gens qui accourent de toutes parts, les voitures passent sans cesse. Les gens font leurs courses. Du haut de l'immeuble ils sont déjà si petits! Ils vont manger puis dormir. Demain à 7h tous leurs réveils sonneront en même temps, retour au lieu de travail, pause repas, puis bureau, le soir, rebelotte, enfants, courses, manger, infos, dodo. Sommes-nous une société de fourmies qui exécutent leurs tâches sans penser? Sommes-nous des robots programmés? Tous identiques?Mêmes horaires, mêmes désirs, mêmes répugnances pour ceci, ou même admiration pour cela. Comment définit-on l'humanité? Qu'est-ce qui fait notre hummanité?

-Que sera demain?

- la même chose qu'aujourd'hui. Les robots vivent de façon cyclique.

 

- Jusqu'à quand?

- jusqu'à qu'ils n'aient plus de pile ou de batterie.

- ah..et qu'arrive-til?

- Il se dérègle petit à petit et meurt d'une longue agonie, a petit feu.

- il s'autodétruit?

-oui c'est cela.

- c'est si triste!

- oui mais il ne s'en rend pas compte

- meurt-il heureux?

-non, il était aliéné, mais il ne s'en rendait pas compte non plus, il n'a pas vu ce qui aurait pu être le réel, son réel.

26.11.2006

vie vide

La vie est un songe. Elle n'est pas réelle. Comment se pourrait-il en être autrement? Seule la musique est une réalité. Où serais-je si tu n'étais pas là toi mon violon?

Elle parait fausse. Elle EST fausse. Comme un décors de théâtre, en carton-pâte. Les gens sont des acteurs; elle a un goût de plastique de dinette pour enfant. On y joue des comédies, des farces et des tragédies médiocres. Elle est fade, elle est morne. Tou y est superflu, superficiel, futile. Mucho brillo, poco valor.

A la fin de sa vie, chacun se retourne pour jeter un oeil sur leur vécu, leur vivienda. Il s'aperçoit qu'elle n'a pas été celle qu'il aurait voulu. Nous sommes de mauvais auteurs. Jamais a la hauteur.

Je joue le rôle d'un pantin, qui est tiraillé par des fils de part et d'autre, apathique, vidé. Qui ne ressent plus rien, qui n'a plus de coeur, ni d'âme.

Rancoeur, aigreur, peur?

Pourquoi? A quoi ça rime. J'ai froid.

05.08.2006

Être dans le monde

C'est drôle tous ces gens qui se côtoient tous les jours sans jamais se voir ni se parler vraiment. C'est peut-être meme carrément absurde cet individualisme poussé à son paroxysme... En même temps, parler a toutes les personnes que l'on croiserait dans la rue tiendrait de l'absurde également. Alors quoi? Je ne sais pas! Regarder, les regarder, les regarder humainement! Même pas, il suffirait de les voir tout simplement, pas comme on voit un arbre ou un chien, non, mais voir un homme; livrer son regard à autrui, leur faire sentir qu'ils existent. C'est vraiment étrange l'être humain, même chez les personnes que l'on "connait", parfois elles ne semblent pas nous voir, pas nous entendre, pas nous comprendre non plus et vice-versa.

Un jour notre mère nous a mis au monde, mais on n'a pas l'impression de toujours y appartenir, de faire parti de lui, d'être dedans. On y entre et on en ressort. Cela marche avec la solitude. Je crois... Si l'on conçoit que ce monde est globalement humain alors lorsque l'envie forte d'être seul nous pousse à nous isoler alors on en ressort. Certains ne la supporte pas, d'autres au contraire s'y enferme. Tiens, voilà qui est curieux, on dit l'expression: "s'enfermer dans la solitude" alors que c'est précisément lorsqu'on s'y enferme qu'on sort "du monde". Alors c'est quoi être dans le monde? Appartenir au monde?

 J'ai l'impression que c'est un moulin, il tourne, aussi, on y entre et sort aisément. Grâce a l'imagination par exemple, mais il faut être seul et tranquille pour bien imaginer alors cela rejoint la solitude comme "sortie éphémère". Enfant, la sortie est simple à prendre, car la porte reste toujours entre-ouverte, quand on grandit, l'illusion disparait et elle entraine dans son gouffre une grande partie de l'imagination avec elle; alors l'adulte doit chercher la clé de cette porte de sortie, et dès qu'il l'a trouvé, peu après l'avoir enfin utilisée, celle-ci repart se cacher ailleurs, et la quête se poursuit...

 

Il ya six milliards d'humains sur Terre, ça a quelque chose d'étonnant l'humain, c'est drôle et a la fois si pathétique!mais ça émane quelque chose d'important, quelque chose d'indiscible, qui marque....